Lancée en 2009 sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur, la plateforme Admission Post-Bac permettait aux lycéens de terminale d’accéder aux formations supérieures françaises. Ce portail centralisait les candidatures et gérait l’affectation dans des milliers d’établissements. Créé dès 2002 par Bernard Koehret pour les classes préparatoires, APB a ensuite couvert l’ensemble du territoire national. En janvier 2018, Parcoursup lui succède officiellement.
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ToggleFonctionnement et procédure de candidature
La procédure sur APB s’articulait en quatre espaces successifs : inscription, scolarité, vœux et admission. Les candidats y saisissaient leur identité, leurs notes, puis formulaient leurs choix de formation.
Le nombre de vœux sur APB et Parcoursup
Sur APB, chaque candidat pouvait déposer jusqu’à 24 candidatures, réparties par type de formation. Ce volume permettait d’examiner un large éventail d’options, des BTS aux écoles d’ingénieurs.
| Plateforme | Nombre de vœux | Particularité |
|---|---|---|
| APB | 24 maximum | 12 par type de formation |
| Parcoursup | 10 maximum | Jusqu’à 20 sous-vœux au total |
Sur Parcoursup, un vœu multiple peut regrouper plusieurs cursus similaires, avec au maximum 10 sous-vœux par vœu et 20 sous-vœux au total. Cette logique vise à simplifier l’orientation sans disperser les candidats.
Le dossier de candidature et la fiche Avenir
Pour constituer un dossier solide, les élèves fournissent leurs bulletins de notes, les appréciations des professeurs et une lettre de motivation détaillant leur projet de formation motivé. La fiche Avenir, transmise par le conseil de classe, complète ce dossier. Elle renseigne les établissements sur le classement par matière, les moyennes et le profil comportemental du candidat : autonomie, méthode de travail et esprit d’initiative.

Les différences entre Admission Post-Bac et Parcoursup
Parcoursup est lancé le 15 janvier 2018, reprenant la même infrastructure qu’APB mais avec une interface renouvelée et de nouveaux paramètres d’affectation. La rupture est nette sur plusieurs points essentiels.
APB utilisait le tirage au sort pour les formations non sélectives en cas de capacité d’accueil dépassée. Parcoursup supprime ce mécanisme : les universités examinent désormais chaque candidature selon des attendus nationaux, définis par les rectorats. Les candidats ne classent plus leurs vœux par ordre de préférence. Une rubrique confidentielle appelée Ma préférence remplace ce classement visible.
- Pour une licence universitaire : oui, oui si (parcours personnalisé), ou en attente.
- Pour les formations sélectives (prépas, BTS, écoles d’ingénieurs) : oui, non, ou en attente.
- En cas de deux réponses positives simultanées : le candidat choisit l’une tout en restant sur les autres vœux en attente.
Des alertes par SMS ou mail préviennent les candidats avant toute date limite. Un système de réponse automatique permet d’anticiper son choix si la formation souhaitée est déjà identifiée. La mobilité est facilitée par des quotas fixés par les recteurs pour postuler hors académie.

Critiques et dysfonctionnements de la plateforme APB
Les failles de l’algorithme
Un rapport de 2012 signé par huit inspecteurs généraux de l’Éducation nationale pointait plusieurs défaillances majeures d’APB. L’accompagnement des élèves restait inégal selon les établissements. Les parents manquaient d’informations claires. L’algorithme générait de l’anxiété, car les lycéens lui accordaient une confiance aveugle sans en comprendre les mécanismes.
Révélé en 2016, un dysfonctionnement grave montrait que l’algorithme filtrait les candidats selon leur sexe, leur nationalité, leur lycée d’origine ou leur pays de naissance. Les élèves en réorientation subissaient un désavantage supplémentaire dans les filières en tension. Le 28 septembre 2017, la présidente de la CNIL mettait en demeure le ministère de cesser les décisions automatisées opaques.
Pour ceux qui s’interrogent sur les meilleures voies après le baccalauréat, consulter un classement des meilleures prépas constitue un point de départ précieux pour orienter ses choix sur Parcoursup.
- Des sites imitant le nom de domaine d’APB attiraient lycéens et parents pour leur vendre des informations ou les rediriger vers des numéros surtaxés.
- Un guide distribué aux élèves de terminale contenait des publicités pour des formations privées hors procédure officielle.
Ces dérives illustrent les risques liés à l’opacité algorithmique et au manque de régulation autour de l’orientation scolaire. Parcoursup a été conçu pour corriger une partie de ces biais, même si le débat sur la transparence des critères de sélection reste ouvert.
