Classement prépa École des Chartes : guide complet
Fondée en 1821 et installée depuis 1897 dans les bâtiments de la Sorbonne, l'École nationale des chartes captive autant qu'elle intimide. Seulement 20 places au total au concours (12 en section A, 8 en section B en 2015), une formation de trois ans rétribuée dès l'entrée comme élève fonctionnaire, des débouchés vers les plus hautes fonctions du patrimoine : ce cursus d'exception attire chaque année des candidats venus de toute la France. Mais tous les lycées proposant cette prépa ne se valent pas. Voici ce qu'il faut vraiment savoir avant de choisir ton établissement.
Classement des prépas École des Chartes : les établissements qui font la différence
Trois lycées seulement préparent aux deux sections du concours (A et B). C'est déjà un premier filtre décisif. Sept autres établissements proposent uniquement la section B. Connaître ce distinguo, c'est éviter de se retrouver dans un lycée incapable de te préparer à la voie classique avec latin intensif.
Le lycée Henri IV à Paris s'impose comme la référence incontestée. Son taux d'intégration à l'École des chartes atteint 25,0%, le plus élevé de toutes les prépas du pays. L'environnement intellectuel y est stimulant à l'extrême. Les élèves y entretiennent d'ailleurs leurs propres traditions : une tombe parodique de Clovis Ier figure dessinée devant la salle des hypochartes, avec l'inscription latine «Hic jacet Chlodowicus / CDLXXXI-DXI / Sit tibi beto levis». Détail révélateur d'une culture commune très soudée. Henri IV, c'est le choix de ceux qui visent l'intégration coûte que coûte et acceptent une pression de haut niveau.
Le lycée Fustel-de-Coulanges à Strasbourg affiche un taux d'intégration de 18,6%, ce qui le place solidement en deuxième position. Moins médiatisé qu'Henri IV, il reste une superbe option pour les candidats qui souhaitent éviter Paris sans sacrifier leurs chances réelles.
Le lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse complète ce trio avec 13,6% de taux d'intégration. Un chiffre respectable, et un cadre franchement remarquable : le lycée bénéficie d'un fonds de bibliothèque de grande qualité, et son environnement architectural est extraordinaire, entre l'Hôtel de Bernuy du XVIe siècle et l'Église et Cloître des Jacobins. Apprendre l'histoire médiévale entouré de tels monuments, c'est une forme d'immersion que peu de lycées peuvent offrir.
| Lycée | Ville | Sections | Taux d'intégration |
|---|---|---|---|
| Lycée Henri IV | Paris | A et B | 25,0% |
| Lycée Fustel-de-Coulanges | Strasbourg | A et B | 18,6% |
| Lycée Pierre-de-Fermat | Toulouse | A et B | 13,6% |
| Lycée Édouard-Herriot | Lyon | B uniquement | non publié |
| Lycée Faidherbe | Lille | B uniquement | non publié |
| Lycée Chateaubriand | Rennes | B uniquement | non publié |
Pour la section B, sept lycées se partagent le marché : Michel-Montaigne à Bordeaux, Carnot à Dijon, Faidherbe à Lille, Édouard-Herriot à Lyon, Alphonse-Daudet à Nîmes, Camille-Guérin à Poitiers et Chateaubriand à Rennes. Le lycée Édouard-Herriot de Lyon mérite une attention particulière, comme en témoignent plusieurs parcours d'anciens étudiants documentés.
Témoignages et parcours réels : ce que vivent vraiment les candidats
Les statistiques ne racontent pas tout. Les trajectoires concrètes d'anciens étudiants éclairent mieux ce que représente réellement cette prépa, avec ses succès, ses échecs et ses rebonds.
Marion Rossi, admise à l'École des chartes après trois années au lycée Édouard-Herriot (hypokhâgne, khâgne, khûbe), a d'abord été classée 9e pour 8 places au concours B. Elle n'a intégré l'École qu'après un désistement. Leçon directe : même classé juste hors des places, rester sur liste d'attente peut tout changer. Louise Vallin a connu un parcours similaire, échouant de peu au premier concours avant de réussir en khûbe. Ces deux cas montrent que la troisième année, souvent redoutée, représente un authentique stratégie gagnante.
Tout le monde n'intègre pas l'École, et c'est normal. Perrine Mège a poursuivi en master de recherche à la Sorbonne, spécialité Civilisation des temps modernes, avec un mémoire sur l'histoire lyonnaise des guerres de religion. Line Bondetti, elle, a réussi l'agrégation d'histoire, puis s'est orientée vers une bi-licence Histoire-Italien avec projet d'habilitation pour enseigner en classes européennes. Camille Tracol a passé le CAFEP pour enseigner en établissement privé. Ces parcours illustrent la valeur pluridisciplinaire de la formation, au-delà du concours lui-même.
Le cas de Lucie Silliard, aujourd'hui en master à l'ENSSIB mention Histoire, civilisations et patrimoine, est particulièrement instructif. Classée 3e de la liste d'attente lors de sa première présentation, elle a refait une année de khûbe. Des écrits décevants mais d'excellents oraux lui ont finalement ouvert les portes de l'École. La prépa Chartes forme avant tout à la rigueur intellectuelle, et cette rigueur paye fréquemment au moment des oraux.
Débouchés, conditions d'admission et alternatives à connaître absolument
L'entrée dans cette prépa s'effectue exclusivement via Parcoursup. Les conditions préalables dépendent de la section visée :
- Baccalauréat général, toutes séries confondues
- LV1 anglais, espagnol ou allemand obligatoire
- Section A : latin ou grec requis (des modules grands débutants existent)
- Section B : latin ou une LV2, avec option géographie ou histoire des arts
Une fois chartiste, la scolarité dure quatre ans, comme en témoigne Pia Rigaldiès, diplômée récente. La première année se déroule entièrement au 65 rue de Richelieu. Les années suivantes intègrent 2 à 3 stages : 3 mois au Mobilier national à Paris, 1 mois au Centre des archives diplomatiques à Nantes, 3 mois aux archives nationales éthiopiennes à Addis Abeba. Ce dernier stage illustre parfaitement l'ouverture internationale réelle du cursus.
Pour ceux qui visent le titre de conservateur du patrimoine, l'Institut national du patrimoine propose depuis le 18 mars 2010 une classe préparatoire intégrée (Prépa Talents), limitée à 15 étudiants maximum, accessible sur critères académiques et sociaux. Pour la rentrée 2026, les candidatures étaient ouvertes du 23 février au 24 avril, pour une formation du 24 août 2026 à juin 2027. Après intégration, une formation complémentaire de 18 mois précède la première titularisation. C'est la trajectoire choisie par Pia Rigaldiès et Quentin Schoumacher, tous deux orientés vers la spécialité archives. Depuis 1995, les trois quarts des diplômés choisissent soit cette voie, soit l'ENSSIB. L'École du Louvre reste une alternative sérieuse pour ceux attirés par une approche plus pratique des collections.
L'auteur
Rédaction de Edulide.
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