Débouchés après études psychologie : tous les métiers
Chaque année, plus de 30 000 étudiants décrochent leur licence de psychologie en France. Pourtant, seulement 15 % d'entre eux deviendront psychologues. Ce chiffre résume à lui seul l'enjeu central de ces études : les débouchés sont réels, variés, mais ils demandent une vraie stratégie.
Ce que vous pouvez faire avec une licence de psychologie
Beaucoup d'étudiants pensent qu'une licence de psycho ne mène nulle part sans master. C'est faux, mais la réalité est plus nuancée. La licence ouvre des portes concrètes, à condition de savoir lesquelles frapper.
Premier levier : les licences professionnelles. En un an après le bac+2, vous pouvez vous orienter vers des métiers opérationnels. Le CNAM, par exemple, propose une licence pro mention intervention sociale, insertion et réinsertion sociale et professionnelle, qui prépare directement au métier de conseiller en insertion. D'autres licences pro ciblent la gestion des ressources humaines, l'animation socio-éducative ou la santé et le vieillissement.
Deuxième option : les concours du paramédical et du social. Une licence de psychologie constitue une base solide pour préparer les concours d'entrée aux formations d'ergothérapeute, d'infirmier psychiatrique, de psychomotricien, d'éducateur spécialisé ou d'assistant de service social. Mieux encore, les titulaires d'une licence de psychologie peuvent intégrer directement la deuxième année de la formation en psychomotricité, sous réserve de réussir un examen d'entrée.
Troisième piste : le master MEEF (Métier de l'enseignement, de l'éducation et de la formation). Toutes les licences y donnent accès, mais la licence de psychologie est particulièrement adaptée pour préparer le concours de conseiller principal d'éducation (CPE), aux côtés des licences en sciences de l'éducation ou en sociologie.
Les métiers accessibles avec une licence ou un bachelor en psychologie sont multiples :
- Aide médico-psychologique et accompagnant éducatif et social (AES)
- Éducateur spécialisé, éducateur de jeunes enfants
- Assistant de service social
- Assistant en recrutement ou assistant RH
- Technicien en neuropsychologie
- Chargé de projet en santé mentale
- Conseiller principal d'éducation
Pour être honnête, une partie de ces postes restent mal rémunérés en début de parcours. Les premières années ressemblent souvent à un enchaînement de CDD et de temps partiel. La mobilité géographique est presque indispensable pour décrocher les premiers contrats.
Les métiers et secteurs accessibles après un master de psychologie
Le master (bac+5) est le sésame pour accéder au titre de psychologue, à condition de valider un stage professionnel d'au moins 500 heures et de s'inscrire au répertoire ADELI auprès de la délégation territoriale départementale (DTD). Le métier est encadré par la loi du 25 juillet 1985, précisée par le décret du 22 mars 1990. Le titre est protégé, ce qui distingue clairement les psychologues des autres professionnels de l'accompagnement.
Les spécialités de master sont variées : psychologie clinique et psychopathologie, neuropsychologie, psychologie sociale du travail et des organisations, psychologie du développement, psychologie de l'éducation et de l'orientation. Chaque spécialité ouvre un secteur particulier.
| Secteur d'exercice | Part des psychologues |
|---|---|
| Hôpitaux et établissements de santé | 25,7 % |
| Cabinet libéral individuel ou de groupe | 26,5 % |
| Services sociaux, médico-sociaux et éducatifs | 17 % |
| Fonction publique d'État ou territoriale | 8,8 % |
| Établissements scolaires et universitaires | 6,6 % |
| Entreprises privées | 1,6 % |
Au-delà du titre de psychologue, un master ouvre aussi des postes sans exiger ce titre : coach de vie, consultant RH, responsable du développement RH, conseiller en insertion professionnelle, conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation, profiler. Selon les employeurs, certains de ces postes nécessitent toutefois d'être psychologue titulaire. Vérifiez systématiquement les fiches de poste avant de postuler.
La concurrence à l'entrée du master reste réelle : en 2022, on comptait une place pour 3 à 5 candidats selon les universités. Les instituts privés rattachés aux universités catholiques de Paris et d'Angers délivrent également des masters reconnus.
Insertion, salaires et réalités du marché en psychologie
Les chiffres d'insertion sont corrects, sans être brillants. D'après les données disponibles sur la promotion 2017, 90 % des diplômés de master étaient en emploi 18 mois après l'obtention de leur diplôme, et 94 % à 30 mois. Ce n'est pas catastrophique comparé à d'autres filières des sciences humaines.
La qualité de cet emploi mérite qu'on s'y attarde. À 18 mois, seulement 53 % occupaient un emploi stable (CDI ou fonctionnaire titularisé), contre 47 % en CDD. À 30 mois, la situation s'améliore : 67 % sont en emploi stable. Le temps partiel concerne encore 29 % des diplômés à ce stade. Ces chiffres doivent être intégrés dans le projet professionnel dès le départ.
Sur le plan salarial, un psychologue débutant gagne généralement entre 2 000 et 2 500 euros brut par mois. Le salaire net médian s'établissait à 1 680 euros 18 mois après le diplôme (promotion 2017), pour atteindre 1 780 euros à 30 mois, soit une progression de 100 euros net mensuels. Benoît Schneider, professeur émérite à l'université de Nancy et vice-président de la FFPP (Fédération française des psychologues et de psychologie), le confirme : les perspectives de revalorisation rapide restent limitées dans le secteur public.
La bonne nouvelle tient aux tendances de fond. Entre 2016 et 2020, le nombre de psychologues enregistrés est passé de 56 000 à 74 000, soit une hausse de près de 33 % en quatre ans. Les maisons de santé multiplient les opportunités en libéral : 1 617 sont en fonctionnement et 450 sont en cours de création. Pour ceux qui envisagent une installation après quelques années d'expérience salariée, le moment est bien choisi. La demande autour de la santé mentale au travail, du soutien scolaire et de l'accompagnement des adolescents ne faiblit pas, portée notamment par les séquelles psychiques révélées par la crise sanitaire chez de divers élèves et étudiants.
L'auteur
Rédaction de Edulide.
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