Réussir la version en anglais : guide complet
La version anglaise rebute beaucoup d'étudiants, et c'est compréhensible. Traduire un texte de l'anglais vers le français ne se résume pas à chercher des mots dans un dictionnaire : c'est un exercice de précision, de culture et de méthode. Les copies partent de 20 points, et chaque erreur grignote ce capital. En classe préparatoire HEC, une simple omission coûte 6 points d'un coup. Autant dire que l'improvisation n'est pas une option.
Les règles du jeu : notation, barème et niveaux attendus en version
La version fonctionne par système de points de fautes. Le correcteur part de 20 et soustrait selon la gravité : 1 point pour une faute d'orthographe, 2 pour une erreur grammaticale, et jusqu'à 6 pour une omission en prépa HEC. Les barèmes sont harmonisés entre correcteurs, mais ne vous y trompez pas : les fautes basiques irritent particulièrement les jurys, et une copie truffée d'erreurs élémentaires peut se retrouver pénalisée bien au-delà du barème officiel.
Pour situer votre niveau actuel, voici un repère simple :
| Score obtenu | Ce que ça signifie | Priorité de travail |
|---|---|---|
| 0 à 12 points | Vocabulaire et grammaire insuffisants | Bases lexicales et grammaticales urgentes |
| 13 à 15 points | Début de repérage des pièges | Précision et idiomaticité |
| 15 points et plus | Traductions idiomatiques, bonifications possibles | Affinage stylistique et pièges avancés |
Les niveaux du Cadre Européen Commun de Référence fixent les attentes à l'entrée dans le supérieur : B2 en LV1, B1 en LV2, A2 en LV3 en fin de terminale. Ces filières sont nombreuses : classe préparatoire économique, littéraire, scientifique, licence, CAPES, concours HEC, Sciences Po, IEP, concours de la fonction publique. La version anglaise concerne donc beaucoup plus de parcours qu'on ne le croit au lycée.
Aborder un texte en version : une méthode en trois phases
Réussir la traduction d'un texte anglais suppose une répartition rigoureuse du temps disponible. Consacrez 20 à 25 % du temps à la lecture active, 50 à 60 % à la rédaction du brouillon, et les 20 à 25 % restants au recopiage et à la relecture. Ne zappez aucune de ces trois phases, même sous pression.
Phase 1 : lire avant de traduire. Commencez par étudier le paratexte : date, titre, auteur, source. Ces éléments anticipent le registre et le style. Une première lecture globale répond aux questions fondamentales (qui, quand, où, quoi, comment). La seconde lecture est détaillée : annotez la syntaxe, identifiez les pronoms, les temps verbaux, les structures spécifiques. Construire une chronologie évite bien des contresens.
Phase 2 : rédiger le brouillon sans perfectionnisme. Avancez vite, laissez des blancs, notez plusieurs options sur des lignes espacées. Face à un mot inconnu, ne laissez jamais un blanc définitif : utilisez le contexte, décomposez le mot, exploitez l'étymologie. Les procédés de traduction à maîtriser absolument sont :
- La modulation : changer de point de vue ("He is not in" devient "Il est sorti")
- La transposition : changer de nature grammaticale ("before he came back" devient "avant son retour")
- L'étoffement : ajouter des mots pour éviter le calque ("according to report by the United Nations" devient "selon un rapport publié par les Nations Unies")
- Le chassé-croisé : inverser moyen et résultat ("He ran across the room" devient "Il traversa la pièce en courant")
- L'équivalence culturelle : "Bachelor of Arts" se traduit simplement par "Licence"
Phase 3 : recopier et relire en trois passes ciblées. D'abord vérifier qu'aucun mot n'a été omis, y compris les termes anodins. Ensuite contrôler la grammaire : temps, accords, pronoms relatifs. C'est là que les francophones perdent le plus de points. Enfin, affiner les formules encore bancales.
Progresser en traduction anglaise : vocabulaire, lecture et ressources indispensables
En classe préparatoire, l'objectif est d'apprendre 100 à 150 mots par semaine pour LV1 et LV2. Sur deux ans, cela représente environ 10 000 mots, soit quasi le vocabulaire actif d'un Français moyen. Le logiciel Anki facilite considérablement cette mémorisation par répétition espacée.
Lire la presse anglophone régulièrement est indispensable. Ça améliore la compréhension, entraîne l'oreille aux constructions idiomatiques et prépare la culture générale pour les épreuves de civilisation. Écouter le BBC World Service, qui réunit 182 millions d'auditeurs réguliers dans le monde, expose à des accents authentiques sans aide visuelle. Attention, certaines radios américaines comme CNN supposent déjà un niveau intermédiaire solide.
Pour la France, le classement EF EPI place le pays à la 37e position sur 70 pays étudiés auprès de 910 000 apprenants d'anglais. Ce retard s'explique surtout par l'absence quasi-totale de chaînes télévisées ou radiophoniques anglophones dans l'audiovisuel français. Regarder des films ou séries en version originale corrige en partie ce déficit.
Côté ouvrages, plusieurs références s'imposent selon votre niveau. Alexandre Palhière et Pierre-Antoine Pellerin, professeurs d'anglais en classe préparatoire, ont co-rédigé "Traduire l'anglais (sans Google trad)", exhaustif et enrichi de ressources en ligne. Pour la version proprement dite, Nathalie Vincent-Arnaud et Sébastien Salbayre proposent une progression en trois niveaux, tandis que Michel Weber signe un manuel plus axé sur l'entraînement systématique. Joël Cascade complète idéalement ces ressources pour les filières CPGE, licence et terminale.
Pour progresser réellement, entraînez-vous sur les annales LV1 et LV2 des concours BCE et Ecricome, sans dictionnaire, dans des conditions proches du concours. C'est ainsi, et seulement ainsi, que vous développerez le réflexe de déduction qui fait la différence entre une copie moyenne et une copie remarquée.
L'auteur
Rédaction de Edulide.
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