Classement des prépas A/L et LSH pour l'École des Chartes et l'ENS

Livres empilés colorés avec lampe de bureau en arrière-plan

Choisir une classe préparatoire littéraire pour viser l’École nationale des Chartes ou les Écoles normales supérieures constitue une décision stratégique majeure. Les filières A/L et LSH offrent des parcours distincts menant aux prestigieux concours d’entrée de ces institutions. Le classement des établissements repose principalement sur les taux d’intégration, indicateur révélant la capacité des lycées à préparer efficacement leurs élèves. Les prépas littéraires se distinguent par leurs approches pédagogiques, leurs moyens humains et leurs résultats concrets. Cet article détaille les établissements les plus performants, examine les programmes spécifiques de préparation, visite les débouchés professionnels accessibles aux chartistes et normaliens, précise les modalités des concours et donne la parole aux anciens étudiants ayant vécu cette expérience formatrice.

Les établissements les plus performants en prépa A/L et LSH

Le palmarès des classes préparatoires littéraires distingue les lycées selon plusieurs paniers d’écoles, permettant d’évaluer la performance globale de chaque établissement. Le panier ENS et École des Chartes constitue le critère principal, mais d’autres regroupements incluent les écoles de commerce du Top 5, les IEP ou encore un panier large regroupant Celsa, École du Louvre, Esit, Isit et diverses formations prestigieuses.

Concernant la filière A/L, 33 établissements proposent cette formation exigeante. Le lycée Henri IV à Paris domine sans conteste avec un taux d’intégration de 25% dans le panier ENS et Chartes, soit 27 intégrés sur 108 élèves inscrits. Ce résultat dépasse largement la moyenne nationale fixée à 5,8%. Sur cinq années consécutives, cet établissement maintient une performance remarquable de 29%, confirmant la solidité de sa pédagogie. La moyenne au baccalauréat des entrants atteint 17,7 sur 20, témoignant du niveau académique élevé des candidats. Le taux de boursiers s’établit à 9,1%, reflétant une certaine mixité sociale.

Un deuxième établissement obtient 18,6% d’intégration avec 19 élèves admis sur 102, affichant une moyenne quinquennale de 16,9%. La moyenne au bac reste identique à celle d’Henri IV (17,7/20) tandis que le taux de boursiers grimpe légèrement à 12,2%. Le troisième lycée du classement affiche 13,6% d’intégration grâce à 3 admis sur 22 élèves, maintenant 16% sur cinq ans. Les établissements suivants présentent des taux décroissants : 8,3%, 7,7%, 6,5%, plusieurs à 6,4%, puis 6,0%, 5,9%, et ainsi de suite. Pour consulter davantage d’informations sur les classements des différentes filières de prépas, des ressources complémentaires existent.

Les établissements publics proposent tous une scolarité gratuite et recrutent via Parcoursup. L’internat figure parmi les services disponibles dans la majorité des lycées, facilitant l’accès aux étudiants éloignés géographiquement. Un établissement privé sous contrat facture 3 000 euros en première année et 2 925 euros en deuxième année, restant accessible comparativement aux frais universitaires privés.

La prépa LSH rassemble 81 établissements répartis sur le territoire national. Le lycée Henri IV conserve sa suprématie avec 33% d’intégration, soit 31 admis sur 94 élèves, pulvérisant la moyenne nationale de 3,1%. Sur cinq ans, ce lycée maintient 24,8% d’intégrés, démontrant une constance exceptionnelle. Les critères d’admission restent identiques à la filière A/L avec une moyenne au bac de 17,7/20 et 9,1% de boursiers.

Le deuxième lycée atteint 19,6% avec 18 intégrés sur 92 élèves et 18% sur cinq années. La moyenne au bac s’établit à 17,1/20 et le taux de boursiers à 6,4%. Les rangs suivants affichent respectivement 14,5%, 13,5%, 11,9%, 10,0%, 9,1%, puis progressivement des taux plus modestes. Les établissements privés sous contrat proposent des tarifs variés oscillant entre 2 075 et 3 760 euros annuels selon les structures, offrant des alternatives aux familles recherchant un encadrement spécifique.

Critères d’évaluation des classements

Les classements s’appuient sur plusieurs indicateurs complémentaires permettant une vision nuancée des performances. Le taux d’intégration brut mesure le nombre d’admis rapporté aux effectifs totaux. La moyenne quinquennale lisse les variations annuelles liées aux difficultés variables des concours. La moyenne au baccalauréat des entrants indique le niveau de recrutement initial. Le taux de boursiers reflète l’accessibilité sociale des formations. Ces données combinées permettent aux futurs étudiants de comparer objectivement les établissements et d’identifier celui correspondant à leur profil académique et financier.

Le programme de la classe préparatoire Chartes

La préparation Chartes constitue une filière spécialisée proposée par seulement trois lycées français : Fustel de Coulanges à Strasbourg, Henri IV à Paris et Pierre-de-Fermat à Toulouse pour la section A, auxquels s’ajoutent plusieurs autres pour la section B. Le cursus s’étend sur deux années, pouvant atteindre trois en cas de khûbe, avec une obligation d’assiduité stricte à l’ensemble des cours dispensés.

Le lycée Fustel de Coulanges, fondé en 1685 sous l’appellation « Collège Royal », figure parmi les établissements historiques préparant aux métiers des archives, bibliothèques, musées et monuments historiques. Cette formation s’adresse spécifiquement aux bacheliers passionnés par les sciences historiques et le patrimoine écrit. La première année, nommée Lettres Supérieures Chartes ou « Hypochartes », propose deux filières distinctes adaptées aux profils variés.

Programme détaillé de première année

La filière A privilégie une approche centrée sur les langues anciennes et l’histoire médiévale. Les enseignements obligatoires comprennent cinq heures hebdomadaires d’histoire moderne, quatre heures d’histoire médiévale, deux heures de français, six heures de latin, deux heures de langue vivante étrangère parmi allemand, anglais ou espagnol, complétées par deux heures d’EPS. Un enseignement optionnel de grec, accessible aux débutants comme aux confirmés, occupe quatre heures supplémentaires. Ce volume horaire conséquent développe les compétences philologiques indispensables au métier de chartiste.

La filière B offre une palette disciplinaire élargie. Les étudiants suivent cinq heures d’histoire moderne, une heure d’histoire médiévale, cinq heures d’histoire contemporaine et quatre heures de géographie. Le français occupe deux heures, tandis que la première langue vivante bénéficie de quatre heures et la seconde de deux heures parmi allemand, anglais, espagnol ou italien. Plusieurs options s’offrent aux étudiants : latin débutant ou confirmé, grec débutant ou confirmé, ou histoire des arts, chacune représentant quatre heures hebdomadaires. Cette configuration permet d’acquérir une culture historique généraliste tout en conservant une spécialisation patrimoniale.

Programme de deuxième année

La Première Supérieure Chartes, communément appelée khâgne Chartes, intensifie la préparation aux épreuves du concours. La filière A maintient cinq heures d’histoire moderne, quatre heures d’histoire médiévale et ajoute deux heures d’histoire contemporaine. Le français passe à quatre heures, le latin ou la combinaison latin-grec à cinq heures, la langue vivante étant maintenue à deux heures. L’option grec reste disponible à raison de quatre heures pour les volontaires souhaitant approfondir cette compétence différenciante.

En filière B, l’histoire moderne conserve cinq heures, l’histoire médiévale deux heures, l’histoire contemporaine quatre heures. Le français atteint quatre heures, la géographie deux heures. Les langues vivantes occupent respectivement quatre heures pour la première et deux heures pour la seconde. Les mêmes options qu’en première année demeurent accessibles, permettant aux étudiants d’affiner leur profil selon leurs appétences et objectifs professionnels.

Conventions universitaires et crédits ECTS

Conformément aux dispositions législatives de juillet 2013 et au décret de septembre 2014, les étudiants en prépa Chartes s’inscrivent parallèlement dans une université partenaire. Quatre établissements conventionnés accueillent ces doubles inscriptions : l’université de Strasbourg, Paris IV-Sorbonne, Paris X-Nanterre et Rennes 2. Cette inscription permet l’obtention de 60 crédits ECTS annuels, facilitant les réorientations éventuelles vers des cursus universitaires en histoire, histoire de l’art et archéologie, géographie et aménagement ou humanités. Ce dispositif sécurise le parcours des étudiants n’intégrant pas l’École des Chartes, leur offrant des perspectives académiques solides.

Les débouchés professionnels après l’École des Chartes

La réussite au concours d’entrée de l’École nationale des Chartes ouvre les portes de carrières patrimoniales prestigieuses. Les lauréats obtiennent immédiatement le statut d’élève fonctionnaire stagiaire, rémunéré environ 1 250 euros nets mensuels pendant trois ans et neuf mois de scolarité. Cette rémunération constitue un avantage matériel considérable pour des études parisiennes réputées coûteuses. Les élèves chartistes signent un engagement décennal envers l’État, garantissant leur implication durable dans les services publics culturels.

La formation dispense des enseignements spécialisés en paléographie, diplomatique, archivistique, histoire des institutions et histoire de l’art. La première année se déroule rue de Richelieu, dans des locaux historiques favorisant l’immersion patrimoniale. Les stages obligatoires, au nombre de deux ou trois selon les parcours, permettent de découvrir concrètement les métiers du patrimoine. Ces immersions professionnelles peuvent se dérouler au Mobilier national, aux Archives nationales, dans des centres diplomatiques ou même à l’étranger, comme les archives nationales éthiopiennes à Addis Abeba.

Conservateur des bibliothèques

Près de la moitié d’une promotion de chartistes s’oriente vers les bibliothèques patrimoniales. Un concours réservé aux diplômés de l’École des Chartes facilite l’accès à l’Enssib, établissement formant les conservateurs. Cette voie royale garantit aux chartistes une insertion professionnelle rapide dans les bibliothèques municipales classées, universitaires ou nationales. Les compétences acquises en paléographie et histoire du livre constituent des atouts majeurs pour la gestion des fonds anciens et des manuscrits précieux.

Conservateur d’archives

L’École des Chartes représente la meilleure préparation existante au concours de l’Institut national du patrimoine en spécialité archives. Les chartistes maîtrisent parfaitement les techniques de classement, de description documentaire et de conservation préventive. Leur formation en diplomatique leur permet d’authentifier et de dater les documents anciens avec précision. Les services d’archives départementales, municipales ou nationales constituent leurs principaux employeurs, leur confiant la gestion de fonds exceptionnels couvrant plusieurs siècles d’histoire.

Autres débouchés patrimoniaux

Les chartistes peuvent devenir conservateurs de musée ou des monuments historiques après une formation complémentaire à l’École du Louvre ou en université. Leur connaissance approfondie de l’histoire de l’art et leur rigueur méthodologique facilitent cette reconversion. Les carrières de la recherche et de l’enseignement supérieur s’ouvrent également aux diplômés, particulièrement en histoire médiévale, moderne, langues anciennes et histoire de l’art. Quelques élèves préparent l’agrégation d’histoire, bien que l’École ne constitue pas la voie optimale pour ce concours comparativement aux ENS.

Dispositifs complémentaires et réseau professionnel

Depuis 2013, les lauréats des concours ENS Ulm et Chartes peuvent suivre les scolarités des deux établissements simultanément, enrichissant considérablement leur formation. Des accès facilités existent vers les IEP, le Celsa et l’École du Louvre grâce à des partenariats. Le titre d’archiviste paléographe constitue un véritable passeport professionnel, reconnu internationalement dans les milieux patrimoniaux. Le réseau solidaire des anciens élèves facilite l’insertion et l’évolution professionnelle, créant une communauté soudée partageant des valeurs communes autour de la conservation du patrimoine écrit.

Deux étudiants lisant des livres près d'un clocher

Les modalités du concours d’entrée à l’École des Chartes

Le concours d’entrée en première année constitue la principale voie d’accès à l’École nationale des Chartes. Il se divise en deux sections distinctes correspondant aux profils des candidats issus des différentes prépas littéraires. Les conditions d’inscription requièrent la nationalité française ou celle d’un État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen. Les candidats doivent justifier du baccalauréat ou d’un titre équivalent et satisfaire aux conditions d’accès à la fonction publique. Aucune limite d’âge ne s’applique, mais chaque candidat ne peut se présenter que trois fois maximum aux épreuves.

Section A du concours

La section A a proposé 12 postes au concours 2025 pour 82 candidats inscrits, représentant un taux de sélectivité élevé. Cette section recrute prioritairement des historiens possédant de solides compétences en langues anciennes. Les épreuves écrites d’admissibilité comprennent onze épreuves dotées chacune du coefficient 1. La composition française, durant quatre heures, aborde des thèmes littéraires sans programme défini mais en lien avec la Banque d’épreuves littéraires des ENS.

L’histoire médiévale fait l’objet d’une composition ou d’un commentaire de documents historiques pendant six heures. Le programme pour 2025 et 2026 porte sur l’économie du royaume de France entre 750 et 1450. L’histoire moderne suit la même structure avec six heures d’épreuve, le programme évoluant régulièrement : « Vivre sa foi en France » couvrant du XVIe siècle à 1815 pour 2024-2025, puis « Les villes en France » pour la même période en 2026-2027.

Les épreuves de langues anciennes incluent une version latine de trois heures sans dictionnaire et une option entre thème latin ou version grecque, également trois heures mais avec dictionnaires autorisés. Une version en langue vivante étrangère parmi anglais, allemand ou espagnol complète les épreuves écrites sur trois heures sans dictionnaire. L’admissibilité se décide sur la base de ces performances cumulées.

Les épreuves orales d’admission testent la capacité des candidats à réfléchir rapidement et à s’exprimer clairement. Trois interrogations d’histoire portent respectivement sur les périodes médiévale, moderne et contemporaine, avec une heure de préparation et trente minutes de présentation. La version latine orale, sans dictionnaire, nécessite trente minutes de préparation. Une conversation dans la langue vivante choisie à l’écrit, à partir d’un texte fourni, occupe quarante minutes de préparation et vingt minutes d’échange avec le jury.

Section B du concours

La section B a offert 8 postes au concours 2025 pour 131 candidats inscrits. Cette section présente un recrutement plus diversifié avec un choix d’options plus large et une proximité avec les concours des ENS. La composition française reste identique à la section A. L’histoire moderne suit le même programme. L’histoire contemporaine s’appuie sur l’épreuve de la BEL des ENS avec le programme « La construction des États au Moyen-Orient » couvrant 1920 à 2011 pour 2026.

Les options écrites permettent aux candidats de valoriser leurs points forts. La première option propose au choix une version latine commune avec ENS Ulm, une version grecque, une composition de géographie portant sur la France métropolitaine et les DROM, ou une composition d’histoire des arts abordant « L’atelier, du Moyen Âge à nos jours ». La première langue vivante étrangère fait l’objet d’un commentaire et d’une traduction pendant six heures, avec un choix parmi douze langues incluant arabe, chinois, japonais, polonais, russe.

La deuxième option écrite offre soit une version de seconde langue vivante durant trois heures, soit une composition d’histoire médiévale de quatre heures portant sur « Le royaume de France, de l’avènement du roi Eudes à la mort de Philippe Auguste ». Cette flexibilité permet aux candidats issus de différentes prépas de concourir à armes égales selon leurs spécialités respectives.

Les épreuves orales reprennent la structure de la section A pour les interrogations d’histoire sur les trois périodes. La conversation en première langue vivante suit les mêmes modalités. La cinquième épreuve orale offre plusieurs choix : conversation en seconde langue vivante, version latine ou grecque, interrogation de géographie, ou interrogation d’histoire des arts. Cette diversité permet aux candidats de construire un parcours personnalisé valorisant leurs compétences spécifiques.

Lycées préparateurs et calendrier

Trois lycées préparent spécifiquement la section A : Henri IV à Paris, Pierre-de-Fermat à Toulouse et Fustel-de-Coulanges à Strasbourg. Neuf établissements assurent la préparation à la section B, incluant les trois précédents auxquels s’ajoutent les lycées Montaigne à Bordeaux, Carnot à Dijon, Faidherbe à Lille, Édouard Herriot à Lyon, Alphonse Daudet à Nîmes et Chateaubriand à Rennes. Le lycée Henri IV propose également une préparation aux questions d’histoire spécifiques du concours pour les khâgneux d’autres lycées franciliens souhaitant tenter leur chance.

Le calendrier 2026 prévoit les inscriptions du 8 décembre 2025 au 12 janvier 2026 via le serveur de la Banque d’épreuves littéraires. Les épreuves écrites de la BEL se déroulent les 8, 13 et 15 avril 2026, tandis que les épreuves propres à l’École s’échelonnent du 20 au 24 avril, débutant le 20 à 14h. La réunion d’admissibilité intervient le 8 juin dans l’après-midi. Les épreuves orales occupent la période du 17 au 29 juin, la réunion d’admission finale se tenant le 30 juin après-midi. Ce calendrier dense exige des candidats une préparation méthodique et une résistance physique et mentale considérable.

Concours alternatifs et sélection internationale

Le concours d’entrée en deuxième année, destiné aux étudiants universitaires avancés justifiant de 180 crédits ECTS en lettres, langues, sciences humaines ou droit, demeure ajourné jusqu’à nouvel ordre. La sélection internationale permet aux étudiants étrangers d’intégrer l’École avec le statut d’élève à titre étranger, sans rémunération mais avec le même parcours de formation aboutissant au titre d’archiviste paléographe à titre étranger. Les candidatures s’examinent sur dossier et entretien, les documents devant parvenir avant le 15 janvier 2026. La bourse internationale Fondation Chambrun-Lafayette soutient financièrement les projets de recherche liés au général La Fayette, couvrant guerre d’Indépendance américaine, révolutions françaises, libertés et lutte contre l’esclavage.

Témoignages d’anciens élèves chartistes

Les parcours des anciens étudiants illustrent la diversité des expériences vécues en prépa Chartes et les trajectoires professionnelles ultérieures. Ces témoignages révèlent l’intensité de la formation, les difficultés rencontrées, les réussites comme les échecs, et l’impact durable de ces années sur les compétences académiques et le développement personnel.

Parcours réussis vers l’École des Chartes

Marion Rossi, aujourd’hui en première année à l’ENC, témoigne d’un parcours exigeant. Après une hypokhâgne au lycée Édouard Herriot à Lyon, elle s’oriente vers la khâgne Chartes pour se concentrer exclusivement sur l’histoire. Sa première tentative au concours s’avère insuffisante, rendant nécessaire une année de khûbe. Cette troisième année lui permet d’approfondir ses connaissances et d’affiner sa méthodologie. Classée neuvième pour huit places au concours B, elle intègre finalement l’École grâce à un désistement. Elle souligne que la prépa a apporté une formation intellectuelle, une méthode rigoureuse et une culture historique solide dans un environnement sympathique malgré la pression constante.

Louise Vallin arrive en hypokhâgne sans projet professionnel précis mais découvre rapidement sa passion pour l’histoire. Elle choisit la khâgne Chartes pour éviter philosophie et géographie, disciplines ne correspondant pas à ses appétences. Admissible en khâgne, elle échoue néanmoins aux oraux, terminant troisième sur liste d’attente. Sa khûbe s’avère décisive avec une réussite complète aux oraux permettant l’intégration. En fin de première année à l’ENC en 2020, elle réfléchit à une thèse orientée vers les archives audiovisuelles, domaine innovant combinant intérêt historique et enjeux contemporains de conservation.

Réorientations universitaires fructueuses

Perrine Mège commence son parcours en hypokhâgne avec un attrait pour les lettres modernes et le latin. Sa passion pour l’histoire se développe progressivement pendant la prépa, l’incitant à choisir la khâgne Chartes pour la spécialisation offerte et les petits effectifs favorisant l’accompagnement personnalisé. Elle décide volontairement de faire une khûbe malgré une indifférence pour le concours lui-même, souhaitant simplement profiter du cadre intellectuellement stimulant. La formation lui apporte une progression scolaire et personnelle précieuse. Elle poursuit ensuite en bi-licence Histoire-Italien puis en master de recherche « Civilisation des temps modernes » à la Sorbonne, visant les métiers du patrimoine comme conservateur ou guide-conférencier, sans passer par l’École des Chartes.

Camille Tracol intègre la prépa A/L par attrait pour les lettres modernes et le latin. Sa passion historique naît dès l’hypokhâgne, la conduisant naturellement vers la khâgne Chartes où l’histoire occupe une place centrale et la philosophie disparaît. Après un échec au concours, elle renonce à la khûbe et poursuit en licence puis master de recherche en histoire moderne. Elle s’oriente finalement vers l’enseignement, obtenant le CAFEP. Son année de stage en 2020 dans un établissement lyonnais, avec des classes de cinquième, confirme sa vocation. Elle affirme que la prépa a donné le goût de l’histoire et de la transmission, procurant discipline, rigueur et méthode indispensables à tout enseignant.

Parcours vers l’agrégation et la recherche

Line Bondetti, agrégée d’histoire, suit le parcours hypokhâgne puis khâgne Chartes pour se spécialiser en histoire et latin. Elle estime le concours des Chartes mieux adapté à son profil que l’ENS Ulm. Son année de khâgne se révèle difficile mais les cours captivants offrent un niveau en histoire incomparable. La méthodologie de travail acquise se révèle utile pour toute sa carrière ultérieure. Après un échec au concours et le refus de faire une khûbe, elle complète une licence puis un master de recherche en histoire moderne. Elle découvre sa vocation pour la transmission des savoirs et passe le CAFEP. Sa réussite à l’agrégation d’histoire résulte directement des compétences acquises en prépa, démontrant la valeur durable de cette formation même sans intégration de l’École.

Lucie Silliard intègre la khâgne spécifiquement pour la préparation Chartes, recherchant une spécialisation en histoire, latin et la liberté offerte par ce concours. Son année de khâgne se révèle difficile mais gratifiante intellectuellement. Ne pensant pas réussir, elle se contente de profiter de la stimulation intellectuelle quotidienne. Sa khûbe, décidée pour réfléchir sereinement à son orientation, s’avère très éprouvante mais permet une progression visible. Admissible, elle affronte des oraux difficiles. Aujourd’hui en Master 1 « Culture de l’écrit et de l’image » à l’Enssib à Villeurbanne, elle reconnaît que la prépa a apporté rigueur et culture historique. L’expérience du concours lui donne confiance pour affronter les futurs concours d’archiviste, bibliothécaire ou conservateur, objectifs professionnels qu’elle poursuit avec détermination.

Témoignage d’une chartiste diplômée

Pia Rigaldiès, diplômée de l’ENC, entre à l’École avec Quentin Schoumacher sans connaître précisément les débouchés professionnels. La scolarité de quatre ans commence au 65 rue de Richelieu avec des enseignements en paléographie, histoire des institutions, diplomatique, archivistique et histoire de l’art. Contrairement aux attentes, l’École ne dispense pas de cours d’histoire pure mais encourage les recherches via la thèse d’école. Deux ou trois stages obligatoires ponctuent le cursus : elle effectue trois mois au Mobilier national à Paris, un mois au Centre des archives diplomatiques à Nantes et trois mois aux archives nationales éthiopiennes à Addis Abeba.

Concernant les débouchés, elle observe que l’École ne prépare pas optimalement à l’agrégation, contrairement aux ENS, mais que deux à quatre élèves par promotion tentent néanmoins ce concours. Peu d’élus accèdent aux musées. La voie royale mène vers les archives et bibliothèques. Elle choisit personnellement de devenir conservatrice du patrimoine en spécialité archives, préparant le concours de l’Institut national du patrimoine suivi de dix-huit mois de formation avant titularisation. Les avantages matériels constituent un point fort : rémunération pendant quatre années d’études à Paris, stages révélateurs de vocation pour les archives, transformation d’une appétence historique en métier concret. Le titre de chartiste représente un passeport formidable avec un réseau solidaire, ouvrant vers des carrières variées dans la conservation, les postes ministériels ou la recherche patrimoniale.

Synthèse des enseignements tirés

L’ensemble de ces témoignages révèle plusieurs constantes dans l’expérience de la prépa Chartes. La découverte progressive de la passion pour l’histoire constitue un élément récurrent, de nombreux étudiants arrivant en hypokhâgne sans projet défini. La difficulté des années de préparation, particulièrement en khâgne et khûbe, marque profondément les étudiants mais forge des compétences méthodologiques durables. L’échec au concours ne signifie nullement un échec personnel ou professionnel, comme le prouvent les parcours réussis vers l’enseignement, la recherche ou les métiers du patrimoine via d’autres voies. La rigueur intellectuelle, la discipline de travail et la culture historique acquise constituent des atouts majeurs pour toute carrière ultérieure, qu’elle soit académique, patrimoniale ou enseignante. Les étudiants soulignent unanimement l’enrichissement personnel procuré par ces années intenses, au-delà des résultats aux concours. Le cadre stimulant, les professeurs passionnés et l’émulation entre pairs créent un environnement propice à l’épanouissement intellectuel et à la construction d’un projet professionnel cohérent.

Les témoignages mettent également en lumière l’importance des stages durant la scolarité à l’École des Chartes pour confirmer les vocations professionnelles. L’immersion concrète dans les archives, bibliothèques ou musées permet aux étudiants de confronter leurs représentations théoriques à la réalité des métiers. Le réseau des anciens élèves, évoqué par plusieurs témoins, constitue un capital social précieux facilitant l’insertion professionnelle et l’évolution de carrière. La diversité des parcours post-prépa, même sans intégration de l’École, témoigne de la valeur reconnue de cette formation sur le marché du travail culturel et académique français.

Critères Section A Section B
Nombre de postes 2025 12 postes 8 postes
Candidats inscrits 2025 82 candidats 131 candidats
Profil privilégié Historiens avec langues anciennes solides Profils diversifiés avec options variées
Épreuves écrites 11 épreuves (coefficient 1 chacune) 6 épreuves (coefficient 1 chacune)
Histoire médiévale Obligatoire (6h) Option écrite ou orale
Histoire moderne Obligatoire (6h) Obligatoire (6h)
Histoire contemporaine Oral uniquement Écrit et oral
Latin Version écrite + thème/grec + oral Option écrite et/ou orale
Langues vivantes 1 langue (version + oral) 1 ou 2 langues (commentaire + oral)
Géographie Non proposée Option écrite et/ou orale
Histoire des arts Non proposée Option écrite et/ou orale
Lycées préparateurs 3 établissements 9 établissements

Ce tableau comparatif met en évidence les différences structurelles entre les deux sections du concours, permettant aux futurs candidats de choisir la voie correspondant le mieux à leur profil académique et à leurs compétences spécifiques. La section A demeure plus exigeante en langues anciennes avec des épreuves obligatoires nombreuses, tandis que la section B offre davantage de flexibilité grâce aux options multiples. Le nombre de candidats supérieur en section B reflète cette accessibilité élargie, bien que le nombre de postes soit inférieur. Les deux sections garantissent néanmoins une sélectivité élevée avec un taux de réussite global avoisinant 10%, témoignant de l’excellence académique requise pour devenir chartiste.

Les modalités pratiques du concours méritent une attention particulière de la part des candidats. Les épreuves écrites s’étalent sur plusieurs jours, exigeant une endurance physique et mentale considérable. Les candidats doivent gérer leur stress, leur fatigue et maintenir leur concentration sur des exercices longs et complexes. La préparation doit donc intégrer ces dimensions physiologiques et psychologiques au-delà des simples révisions académiques. Les épreuves orales, concentrées sur deux semaines, nécessitent une disponibilité totale et une capacité à rebondir après chaque passage devant le jury. Les candidats témoignent de l’importance de la préparation mentale et de la gestion émotionnelle durant cette période intense qui détermine l’accès à une carrière prestigieuse.

Les programmes des épreuves d’histoire évoluent régulièrement selon un calendrier pluriannuel, permettant aux candidats de planifier leur préparation. L’histoire médiévale pour la section A porte sur « L’économie du royaume de France » entre 750 et 1450 pour les concours 2025 et 2026. L’histoire moderne traite de « Vivre sa foi en France » du XVIe siècle à 1815 pour 2024-2025, puis « Les villes en France » pour la même période en 2026-2027. Ces thématiques larges exigent des candidats une maîtrise approfondie de la bibliographie historique, une capacité à problématiser les questions et à mobiliser des exemples précis tirés de leurs lectures universitaires et de leurs cours de prépa.

La composition française constitue une épreuve transversale commune aux deux sections, évaluant la culture littéraire générale et la capacité à construire une réflexion argumentée. Sans programme défini, elle s’inspire néanmoins des thématiques de la Banque d’épreuves littéraires des ENS, incitant les candidats à suivre l’actualité intellectuelle et les débats contemporains. Les jurys apprécient particulièrement les copies démontrant une culture variée mobilisant des références littéraires, artistiques, philosophiques et historiques. Cette épreuve teste la capacité de synthèse et l’aptitude à établir des liens entre différents domaines culturels, compétences essentielles pour les futurs conservateurs amenés à travailler sur des fonds documentaires diversifiés.

Les épreuves de langues vivantes orales suivent des modalités précises avec quarante minutes de préparation et vingt minutes d’épreuve divisées entre exposé et discussion. Les candidats choisissent entre un article de presse récent portant sur le domaine culturel ou un texte littéraire en prose des XIXe au XXIe siècles, d’environ 500 mots. Le jury évalue principalement l’aptitude à converser dans la langue étrangère, au-delà de la simple compréhension textuelle. Cette dimension communicative reflète les exigences professionnelles des conservateurs appelés à collaborer avec des institutions étrangères, à accueillir des chercheurs internationaux ou à participer à des projets de coopération patrimoniale transnationaux.

Les épreuves de version latine présentent des modalités différenciées selon les sections et la nature de l’épreuve. À l’écrit en section A, les candidats travaillent sans dictionnaire mais disposent de notes expliquant les principales difficultés de vocabulaire. À l’oral dans la même section, aucun dictionnaire ni annotation n’est autorisé, les candidats ne pouvant utiliser leurs notes de préparation. En section B, le dictionnaire latin-français devient accessible pour la préparation de l’épreuve orale, allégeant légèrement la difficulté. Ces variations reflètent les attentes différenciées selon le profil des candidats, la section A recrutant des spécialistes des langues anciennes tandis que la section B accepte des profils moins approfondis dans cette discipline.

L’épreuve d’histoire des arts en section B constitue une spécificité appréciée des candidats issus de prépas ayant suivi cette option. L’interrogation porte sur l’identification et le commentaire de trois documents non légendés couvrant trois périodes historiques distinctes : du Ve au XVIIe siècle, du XVIIIe au XIXe siècle, puis du XXe au XXIe siècle. Les domaines artistiques concernés incluent peinture et arts graphiques, sculpture, architecture et arts décoratifs. Cette épreuve teste simultanément les connaissances en histoire de l’art, la culture visuelle et la capacité d’analyse formelle et contextuelle des œuvres. Les futurs conservateurs de bibliothèques ou d’archives travaillant sur des fonds iconographiques ou des documents enluminés trouvent dans cette épreuve l’occasion de valoriser des compétences directement utiles à leur futur métier.

Les conditions matérielles du concours méritent également attention. Les candidats peuvent demander des photocopies de leurs copies entre le 1er septembre et le 30 novembre de l’année du concours, permettant d’analyser leurs performances et d’identifier les axes d’amélioration pour une éventuelle nouvelle tentative. Toutes les épreuves écrites et orales portent le même coefficient, soulignant l’importance égale accordée à chaque discipline. Aucune note éliminatoire n’existe, autorisant les candidats à compenser une faiblesse dans une matière par des performances solides dans d’autres. Cette structure favorise les profils équilibrés tout en permettant aux candidats présentant des compétences exceptionnelles dans certains domaines de compenser des lacunes relatives ailleurs.

La préparation au concours exige une organisation rigoureuse sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Les programmes évoluant selon un calendrier connu à l’avance, les candidats peuvent planifier leurs révisions en fonction des questions au programme. La lecture approfondie de la bibliographie recommandée, la réalisation d’exercices méthodologiques réguliers, la participation aux colles organisées par les lycées préparateurs constituent des éléments essentiels de la réussite. Les témoignages d’anciens candidats insistent sur l’importance du travail régulier plutôt que des révisions intensives de dernière minute, l’accumulation progressive des connaissances historiques et méthodologiques constituant le socle indispensable à la performance le jour du concours.

Le choix entre section A et section B dépend essentiellement du parcours antérieur du candidat et de ses appétences disciplinaires. Les étudiants ayant suivi une prépa A/L avec latin renforcé et éventuellement grec s’orientent naturellement vers la section A qui valorise ces compétences. Les étudiants de prépa LSH, disposant d’une formation plus diversifiée en histoire contemporaine, géographie ou histoire des arts, trouvent dans la section B des épreuves correspondant mieux à leur profil. Certains lycées comme Henri IV préparent simultanément aux deux sections, permettant aux étudiants de choisir tardivement en fonction de leurs résultats aux épreuves blanches et de leur progression dans les différentes disciplines.

Choisir une classe préparatoire Chartes représente un engagement intellectuel et personnel considérable. Les volumes horaires importants, la densité des programmes, l’exigence méthodologique et la pression liée à la sélectivité des concours créent un environnement stimulant mais éprouvant. Les témoignages convergent néanmoins pour souligner l’enrichissement intellectuel procuré par ces années, au-delà des résultats aux concours. La fréquentation quotidienne de professeurs passionnés, l’émulation entre camarades partageant les mêmes centres d’intérêt, l’acquisition d’une rigueur méthodologique transférable à d’autres contextes professionnels constituent des bénéfices durables justifiant l’investissement consenti. Les anciens élèves évoquent souvent ces années comme une période fondatrice ayant structuré leur rapport au savoir et à la recherche intellectuelle.

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