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Réussir une version littéraire en anglais

Comment maîtriser l’exercice de version en anglais?

L’exercice de version anglaise, c’est-à-dire de traduction de l’anglais au français, est l’un des exercices auxquels nombreux étudiants doivent désormais faire face, que cela soit dans le cadre des cours d’anglais en contrôle continu ou lors des épreuves de langue vivante aux concours d’entrée de grandes écoles. Aux premiers abords, la version peut apparaître comme un exercice rassurant, le texte rendu devant être produit en français. Néanmoins, il n’est pas rare que la version soit l’exercice où les élèves perdent le plus de points en concours ou en partiels, des pénalités qui peuvent être dues d’une mauvaise maîtrise de la langue française, à des erreurs d’étourderies, ou à une mauvaise préparation de l’exercice tout au long de l’année qui permettrait avec entraînement d’acquérir des réflexes de traduction et ainsi de grapiller des points sur le barème final. Rien ne remplace une pratique régulière de l’exercice de traduction. Avant de vous lancer dans une série de traduction d’extraits littéraires, suivez notre guide pour vous améliorer progressivement en version.



Dix conseils à suivre pour réussir une version en anglais

1. Ne jamais commencer à traduire un texte sans l’avoir lu au moins une fois de bout en bout.

Se mettre à traduire la première phrase dès qu’on reçoit son texte peut paraître une solution attrayante pour gagner du temps à l’examen (vous allez de toute façon devoir arriver à la fin du texte), mais traduire un texte sans l’avoir lu amène souvent à faire des erreurs d’interprétation qui devront être corrigées par des relectures. Il n’est pas question de lire le texte quarante fois non plus, mais une première lecture du texte, stylo posé, du début à la fin vous permet de saisir le sens du texte, l’histoire, le moment narratif, les personnages, et l’atmosphère de l’extrait. Des éléments textuels vagues en début de texte peuvent souvent être éclairés par une exposition plus claire du contexte au fil de la lecture. Saisir le sens général du texte vous permet également de ne pas buter directement sur des mots de vocabulaire que vous ne connaissez pas en début de texte. 


2. Faire attention à la temporalité du texte. 

Après une première lecture, et avant de commencer la traduction à proprement parler, faites le point sur deux choses. Faites d’abord attention au temps du texte et aux changements ponctuels de temporalité qui peuvent parsemer un texte narratif. Le texte est-il toujours au passé? Des moments au présent de la narration (moins fréquents en anglais qu’en français, certes) s’y sont-il glissés? Surtout, faites attention à respecter la concordance des temps que vous devez maîtriser: futur/présent, conditionnel/imparfait, etc. Si nécessaire, notez dans un coin de votre brouillon le temps dominant le texte (présent, passé, conditionnel, etc.).


3. Dégager le registre de langage et le style d'écriture. 

Avant de traduire, la deuxième chose sur laquelle cogiter est la tonalité du texte, ou le registre de langage. Regarder la date de publication ou d’écritude du texte vous donne un premier indice. S’agit-il d’un texte contemporain? Du 18e siècle? Du 20e siècle? Quel est le style d’écriture? S’agit-il d’un texte littéraire? jounalistique? S’il y a un dialogue, est-il écrit dans un langage familier? Soutenu? Quelle est la relation entre les personnages? Répondre au préalable à ces questions vous aidera à faire des choix de traduction plus précis, lorsque vous hésitez entre deux termes ou deux tournures de phrase. Vous pouvez par exemple décider de traduire le you anglais en vouvoiement ou tutoiement selon le contexte.


4. Produire un premier jet sans dictionnaire. 

Traduisez sans aide ni dictionnaire dans un premier temps. La production d’un premier jet est une étape cruciale qui détermine très souvent le rendu final de votre version. Il ne faut en effet pas sous-estimer vos instincts, en particulier une fois que vous vous êtes entraîné régulièrement. Lorsque vous produisez une première traduction brute avec uniquement le texte d’origine comme support, vous avez tendance à rester davantage fidèle au texte et au sens original de l’extrait que si vous partez chercher moults mots de vocabulaire dans un dictionnaire. Contentez-vous donc d’abord de traduire sans aide, en inscrivant toute possibilité de traduction sur votre brouillon, et de repasser par la suite pour choisir une traduction finale, corriger les erreurs et combler les trous dans votre traduction. 


5. Ne jamais laisser de blanc dans sa traduction. 

En parlant de trou, ne laissez dans aucun cas un trou dans votre version. Dans le même registre, ne laissez aucune autre option de traduction sur votre copie pour un mot ou un morceau de phrase. Vous devez rendre une traduction finale, même si vous n’êtes pas entièrement sûr de certains choix que vous avez faits. Il faut jouer le jeu de la traduction et TOUT traduire, même les mots que vous ne connaissez pas et dont vous n’arrivez pas à deviner le sens.


6. Relisez-vous.

La relecture est indispensable, et s’il vous reste assez de temps à la fin de l’épreuve, prenez le temps de vous relire deux fois. Relisez d’abord votre traduction en français d’un bout à l’autre, sans regarder le texte d’origine, et, de façon objective, demandez-vous si chacune de vos phrases a un sens. Relisez ensuite votre traduction phrase par phrase en la comparant au texte d’origine: cela devrait vous permettre de repérer tout oubli de phrase ou de morceau de phrase, et de vérifier que vous avez bien tout traduit. Cela ne sera pas pour rien: l’omission compte parmi les erreurs les plus sanctionnées sur le barème de points-fautes qui régit l’exercice de thème et de version. En effet, en omettant un morceau de phrase ou une phrase entière, vous ne donnez au correcteur aucune information sur les erreurs que vous auriez pu commettre ou n’auriez pas commis sur cette phrase. Le correcteur prend ainsi la copie sans omission avec le plus de fautes sur la phrase en question et vous retire le même nombre de points qu’à cette copie, en considérant que vous auriez pu faire ces mêmes erreurs. Tout ça pour dire… relisez-vous attentivement, et faites attention aux oublis lorsque vous passez du texte au brouillon et du brouillon à votre copie. 


7. Ne pas bloquer sur des mots de vocabulaire.

Contrairement à ce que beaucoup d’élèves continuent de penser, le vocabulaire (ou ces “mots difficiles” ou mots techniques que vous ne connaissez pas forcément) est loin d’être le problème majeur des élèves en traduction, et n’est jamais sanctionné à la hauteur des fautes de grammaire et de conjugaison. Savoir comment conjuguer au passé simple vous aidera davantage que d’apprendre par coeur des listes de vocabulaire sur l’astronomie ou l’architecture. Si un mot de vocabulaire inconnu peut vous mettre en panique, n’oubliez pas que si vous ne le connaissez pas, il y a de grandes chances qu’une majorité des élèves ne connaissent également pas ce terme. Les professeurs aiment en mettre un ou deux par version, histoire de tester non pas le vocabulaire précis des élèves, mais leur capacité d’adaptation face à une difficulté. Ils n’attendent pas de vous que vous connaissiez par exemple le terme exact pour bustle (tournure), mais qu’avec l’aide du contexte, vous arriviez à saisir le sens général du terme et choisir un équivalent sémantiquement proche, comme corset dans cet exemple. Encore une fois, ne laissez pas de blanc pour un mot que vous ne connaissez pas. Au pire des cas vous serez sanctionné par un faux-sens ou un contre-sens, bien moins pire que de laisser un blanc qui sera compté comme une omission. 


8. Evitez le plus possible de traduire mot à mot.

L’écueil majeur du mot à mot est que le rendu en français soit grammaticalement incorrect ou n’ait aucun sens, et dans le feu de l’action il est souvent difficile de discerner le sensé de l’insensé sur sa copie. Il faut ainsi toujours garder à l’esprit le texte dans son ensemble, et prendre du recul par rapport à l’échelle du mot ou du morceau de phrase pour se demander: “Quel est le sens de cette phrase? Quel message ou quelle sensation l’auteur essaie-t-il de communiquer au lecteur?” La version est tout d’abord un exercice de compréhension écrite. Il s’agit de rendre le sens, les nuances, les couleurs d’un passage, tout en restant le plus fidèle au texte que possible. 


9. Lire en français. 

Cela va de soi, mais vous devez lire le plus souvent et le plus possible, en français et en anglais, que cela soit des romans, nouvelles, pièces de théâtres, ouvrages généraux, articles de presse, blogs, ou magazines. Lire en français vous permet de maîtriser votre langue maternelle, de connaître instinctivement la forme d’un verbe au passé simple, et d’acquérir de façon naturelle un vocabulaire sophistiqué, un lexique varié qui vous permettra de traduire tout texte exigeant la connaissance d’un champ lexical spécifique, du vocabulaire marin de Moby-Dick aux descriptions des bâtiments des rues de Londres chez Dickens, en passant par le détail des vêtements d’époque chez Jane Austen. Autrement dit, lire en français vous permet d’améliorer progressivement et naturellement votre français.


10. Pratiquer la version en anglais. 

Plus vous ferez de version, plus vous repérerez les spécificités de la traduction anglais-français, et plus vous vous habituerez aux aspects techniques de la version anglaise. Cela vous permettra d’adopter les techniques de traduction non pas d’un point de vue scolaire et mécanique, mais de façon naturelle lorsque vous approchez un nouveau texte. 



Maîtriser les techniques de traduction pour réussir une version en anglais

En traduction, il existe au niveau de base des techniques de transformations simples pour passer de l’anglais au français.

Techniques de traduction simples en version anglaise: calque, emprunt et adaptation

Le calque (qui est à éviter, sauf si la structure le permet), ou traduction littérale, peut se manifester en calque syntaxique ou calque de structure où vous pouvez traduire un morceau de phrase mot pour mot, ou calque lexical, où le mot en anglais est identique à celui en français (mot transparent).

ex. “I bought this for you.” ⇒ “J’ai acheté ça pour toi.”

“The window is broken.”  “La fenêtre est cassée.” 

piano  piano

table  table


L’emprunt d’usage se réfère à des mots anglais qui se sont glissés dans le français par usage courant.

ex. the weekend  le week-end.

Faites toutefois attention aux faux-amis qui posent souvent problème pour les élèves.

ex. support  soutenir, et non supporter.


La technique de l’adaptation s’applique là où il faut traduire une réalités socioculturelle, soit en trouvant un équivalent en français, soit en le traduisant tel quel. Dans tous les cas, il faut faire un choix de traduction selon le contexte, par exemple s’il faut garder “livres” pour pounds ou “miles” pour miles, ou s’il faut traduire (et donc convertir) les mesures.

ex. “Unfortunately, the airline only allowed passengers whose bags weighed less than 50 pounds.”

Ici, la mesure exacte est le sujet principal de la phrase. On va donc choisir de traduire exactement (pas à la décimale près non plus) la mesure pour rendre le sens de la phrase.

 “Malheureusement, la compagnie aérienne n’acceptait que les passagers dont les bagages pesaient moins de 23 kilos.”

“C.J. was a giant next to her. She might as well have been eight feet tall.”

Ici, la taille de C.J. est exagérée; le point important de la phrase n’est pas la mesure exacte du personnage, mais la différence de taille entre les deux personnages. On va préférer une grande mesure (à peu près équivalente) ronde à une conversion exacte (“2 mètres 40.”).

 “A côté d’elle, on aurait dit une géante. C’était comme si C.J. faisait trois mètres de haut.” 


Pour ce qui est des noms référant à des réalités culturelles, il faut faire du cas par cas et réfléchir à ce qu’un lecteur français pourrait connaître. En général, les noms de continent, d’océans, de mers, de pays et de villes doivent être traduits.

ex: Brazil  Brésil

United States  Etats-Unis

the Pacific Ocean  l’océan Pacifique

Philadelphia  Philadelphie 


En revanche, la traduction des monuments, rues, avenues et boulevards dépend du contexte. Posez-vous la question: s’agit-il d’une institution culturelle qu’un lecteur français connaîtrait par sa traduction française, ou par son nom d’origine? On traduit par exemple Statue of Liberty par “statue de la Liberté,” mais on ne traduirait pas Times Square par “le square du Times” ou “le square des Temps.” De la même façon, en thème, la Tour Eiffel est traduite par “Eiffel Tower,” mais les Champs-Elysées ne seraient pas traduits. 

Pour les noms de rues, il faut faire du cas par cas, malheureusement. Encore une fois, lire et écouter permet d’acquérir des automatismes.

ex. “She’s walking down Fifth Avenue.”  “Elle marche le long de la Cinquième Avenue.” (voire “Cinquième” tout court, s’il a été établi que le personnage se trouve à New York).

En revanche, “There’s traffic on Madison Avenue.”  “Il y a des bouchons sur Madison Avenue.” 


Techniques de traduction complexes en version anglaise: transposition, étoffement, chassé-croisé et modulation

Parmi les transformations plus complexes en traduction, on compte d’abord la transposition, ou recatégorisation, qui consiste à changer la catégorie ou nature grammaticale d’un mot lors de la traduction.

ex. “She went looking for her dog.”  “Elle est partie à la recherche de son chien.” (Verbe à nom)

“He used to go there often.”  “Il venait souvent ici, autrefois.” (Verbe à adverbe)

“He answered enthusiastically.”  “Il répondit avec enthousiasme.” (Adverbe à nom)


L’étoffement est un cas particulier de transposition et est très fréquent en version, l’anglais ayant tendance à être plus concis que le français. Les verbes de mouvement et les prépositions (comme in) vont souvent être étoffées en français pour faire ressortir leur sens. 

ex. “Did you drive here?”  “Vous avez pris la voiture pour venir ici?”

“The boy in blue was named Peter.”  “Le garçon vêtu de bleu s’appelait Peter.”

“He flew to Los Angeles last night.”  “Il a pris l’avion pour Los Angeles hier soir.”

“He saw himself in her eyes.”  “Il vit son reflet dans ses yeux.” 


Le chassé-croisé est également un cas particulier de transposition, et consiste à traduire deux termes ou expressions consécutives en inversant leur position et nature grammaticale

ex. “He smooth-talked his way out of a ticket.”  “Il évita une amende en baratinant.”

“He slammed the door shut.”  “Il ferma la porte en la claquant.”

“She ran across the stage.”  “Elle traversa la scène en courant.” 


Enfin, la technique de la modulation consiste à changer le point de vue d’une phrase, soit pour faire face à une difficulté de traduction, soit pour améliorer la fluidité syntaxique d’une phrase. Il est par exemple possible de transformer un positif en négatif inversé.

ex. “He missed his family.”  “Sa famille lui manquait.”

“It’s not often that they cancel a visit.”  “C’est rare qu’ils annulent leur visite.”

“You may be right.”  “Tu n’as peut-être pas tort.” 


Acquérir une méthode de traduction pour réussir une version anglaise aux concours

Plus vous vous entraînerez, plus vous remarquerez certaines techniques de traduction récurrentes qui vous seront utiles, mais qui ne peuvent pas forcément être apprises comme les techniques énumérées précédemment. 


Par exemple, en ce qui concerne la ponctuation, l’anglais utilise beaucoup moins de virgules que le français, et préfère en général les tirets (—), à utiliser avec modération toutefois, aux virgules, parenthèses et deux-points. L’anglais supporte également moins les appositions que le français qui a tendance à préférer les appositions aux relatives pour alléger les phrases. Pensez donc à remplacer les relatives qui vous paraissent maladroites lorsqu’elle sont traduites en français par des appositions.

ex. “The dinner, which was so well thought-out, was ruined by her mother.”  “Le dîner, si bien pensé, fut ruiné par sa mère.” 


Les marques de dialogue sont pratiquement toujours des quotation marks (“…”) en anglais, et la ponctuation se situe avant les guillemets de fermeture. En français, on va préférer les tirets si le dialogue est long, ou les guillemets français («…») s’il s’agit d’une ou deux répliques, et la ponctuation se situe après les guillemets de fermeture. Les moments de narrations sont exclus des guillemets en anglais, et inclus jusqu’à la fin du dialogue en français. L’anglais préfère également rester neutre en ce qui concerne les verbes de parole, où say est utilisé dans la plupart des cas. En version, vous pouvez être plus libre en français de trouver des alternatives en fonction du contexte du dialogue. 

ex. So, what did you think of the movie? I kind of liked it,” he said, “though I didn’t get all of it, I must say.

It was so boring I almost fell asleep,” she said.

⇒ Alors, qu’est-ce que t’as pensé du film? Moi, j’ai plutôt aimé, dit-il. Je t’admets que j’ai pas tout compris non plus.

­C’était tellement ennuyeux que je me suis presque endormie, répondit-elle.

ou bien:

« Alors, qu’est-ce que t’as pensé du film? Moi, j’ai plutôt aimé, dit-il. Je t’admets que j’ai pas tout compris non plus.

— ­C’était tellement ennuyeux que je me suis presque endormie », répondit-elle. 


L’anglais a tendance à utiliser des possessifs là où le français utilise des déterminants définis, et des possessifs pluriels là où le français utilise des indéfinis et des définis singuliers.

ex. “He shook her hand.”  “Il lui serra la main.”

“I broke my arm.”  “Je me suis cassée la jambe.”

"They all had hats on their heads.”  “Ils avaient tous un chapeau sur la tête.” 


La forme passive est plus courante en anglais qu’en français où on a tendance à utiliser des formules impersonnelles (avec le pronom “on,” par exemple).

ex. “Their apartment was robbed last Monday.”  “On a cambriolé leur appartement lundi dernier.” 


Enfin, l’anglais utilise beaucoup le “you” pour interpeller le lecteur, ou dans le sens général en se référant à l’humanité. En français, selon le contexte, on traduit ce “you” par “on,” voire “les gens,” ou “nous.” 

ex. You always think there is going to be more time.”  “On croit toujours qu’il y aura plus de temps.” 


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