Début janvier, plusieurs centaines d’étudiants se sont retrouvés abandonnés du jour au lendemain. M’Hamed H., jeune entrepreneur trentenaire à la tête de multiples prépas privées, a brutalement cessé toute activité sans explication. Parmi les établissements touchés figurent Edulide, structure proposant des cours particuliers pour intégrer les grandes écoles, et Architektôn, prépa spécialisée en architecture. Ce dernier comptait 65 élèves à temps plein dans ses locaux parisiens du Marais. Au total, environ 150 personnes subissent les conséquences de cette fermeture précipitée. Le préjudice financier global dépasse les 360 000 euros, professeurs impayés compris. M’Hamed Hammi demeure injoignable, possiblement localisé à Dubaï ou New York. Les familles et enseignants se mobilisent pour obtenir justice face à cette situation inédite.
Sommaire
ToggleL’arrêt brutal des cours jusqu’à nouvel ordre
Le 4 janvier, un court message électronique annonce la suspension des enseignements. M’Hamed H. invoque de sérieuses difficultés rencontrées par la société PREPA ENSEIGNA, sans fournir davantage de précisions. Vingt-quatre heures plus tard, le directeur d’études confirme l’arrêt définitif de tous les cours. Cette annonce provoque un choc immédiat chez les étudiants et leurs proches.
Les 65 élèves d’Architektôn préparaient activement les concours des écoles nationales d’architecture. Leur scolarité représentait un investissement de 6 980 euros par personne, payable uniquement par chèque. Certains avaient même quitté leur région pour louer un appartement près des locaux du IIIe arrondissement. La vingtaine d’inscrits à Vet’Etudes subissent un préjudice similaire. Ils devaient bénéficier d’un accompagnement jusqu’en avril pour préparer les épreuves vétérinaires. Leur formation hebdomadaire à distance coûtait 2 980 euros.
Leya, lycéenne de 18 ans originaire des Yvelines, avait placé tous ses espoirs dans cette préparation spécialisée. Depuis l’annonce, elle souffre d’une anxiété constante face à l’incertitude de son avenir scolaire. Marina, autre étudiante en architecture, reste abasourdie devant cette situation incompréhensible. Comme beaucoup, elle ignore totalement comment poursuivre sa formation.
Les rumeurs contradictoires alimentent l’inquiétude générale. Selon diverses sources, M’Hamed Hammi se trouverait actuellement à Dubaï. D’autres témoignages évoquent plutôt New York. Cette disparition soudaine intervient sans aucune explication cohérente. Les responsables n’ont fourni aucun élément permettant de comprendre les raisons réelles de cette fermeture brutale en pleine année académique.
- Suspension annoncée le 4 janvier par courrier électronique
- Confirmation définitive le 5 janvier par le directeur
- Total de 150 élèves concernés tous établissements confondus
- Impossibilité de joindre le gérant depuis lors
Une structure qui manquait d’organisation et cachait des failles
Architektôn avait vu le jour en 2014 avec une offre modeste. L’établissement proposait initialement des stages pendant les vacances scolaires et quelques cours le samedi. Trois ans plus tard, en 2017, la direction étoffe considérablement son catalogue. Des formations en présentiel à temps plein apparaissent, s’étalant de septembre à mai.
Le processus de recrutement semblait sérieux. Les candidats devaient d’abord soumettre un dossier complet. Puis un oral de motivation permettait de sélectionner les profils les plus adaptés à cette préparation intensive. Durant les premiers mois, la satisfaction dominait globalement. Les élèves appréciaient l’ambiance et la qualité des enseignements dispensés.
Quelques remarques pointaient néanmoins un manque d’organisation. Ces signaux faibles ne déclenchaient en revanche aucune alerte particulière. Rien ne laissait présager l’effondrement à venir. M’Hamed H. dirigeait simultanément plusieurs structures éducatives privées. Prepa Enseigna chapeautait Architektôn. Peces regroupait Edulide, Vet’Etudes, IABD spécialisée en formation d’anglais, et Ads Institute dédiée au référencement sur les moteurs de recherche. Almalia complétait cet écosystème avec sa préparation au diplôme supérieur de comptabilité et de gestion.
La stratégie marketing reposait sur des sites web professionnels. Tous présentaient une mise en forme claire et attractive. Le style rédactionnel paraissait efficace et rassurant. Des avis positifs parsemaient les pages, renforçant la crédibilité apparente. Le référencement naturel fonctionnait remarquablement, positionnant ces établissements en tête des résultats.
- Création initiale en 2014 avec des stages ponctuels
- Développement de l’offre à temps plein dès 2017
- Expansion progressive vers d’autres domaines de formation
- Construction d’une image de marque cohérente en ligne
Le profil de M’Hamed Hammi contribuait à cette impression de sérieux. Ce trentenaire affichait un double diplôme de Paris Dauphine. Il se présentait comme titulaire d’un master en finance et d’un autre en affaires internationales. Sur les réseaux sociaux, ses photos illustraient une réussite éclatante. On le voyait souriant devant les gratte-ciel de Dubaï, sur une plage maltaise, dans les rues de Brooklyn ou d’Alger.
Les témoignages concordent sur son charisme naturel. Bertrand, qui l’a rencontré en avril dans un espace de coworking parisien, le décrit comme avenant. Cette personnalité séduisante rassurait familles et collaborateurs. Paradoxalement, les élèves n’ont jamais croisé le directeur. L’explication officielle évoquait sa résidence hors de Paris.
Marie, chargée de recrutement pour Caravelle Academy, a travaillé un an depuis Dubaï. Elle confirme la dégradation progressive dès octobre. M’Hamed H. devient distant, puis carrément agressif. En novembre, il lui demande de passer à temps partiel. Finalement, il coupe toute communication sans préavis.

Des professeurs présentés qui n’existaient pas réellement
L’analyse des sites révèle une supercherie organisée. Les profils des coachs affichés étaient purement fictifs. Laurence, présentée comme diplômée d’un master en littérature à la Sorbonne sur Caravelle Academy, devenait Sophie ailleurs. Cette dernière possédait prétendument un diplôme supérieur de comptabilité et gestion obtenu en 2007 sur Almalia.
Mathieu illustre parfaitement cette manipulation. Sur Caravelle Academy, il détient un master en droit de King’s College. Sur Almalia, ce même visage devient Luca, diplômé en 2015. Sur LinkedIn, il se transforme en Anton. Certaines photographies provenaient directement de banques d’images payantes. L’ensemble des profils de Vet’Etudes relevait également de cette fabrication mensongère.
- Identités multiples pour un même visage
- Diplômes inventés de toutes pièces
- Photographies issues de bases commerciales
- Aucun formateur affiché ne travaillait réellement
Pendant ce temps, les véritables enseignants subissaient un traitement indigne. Une douzaine d’intervenants et professeurs vacataires d’Architektôn attendaient leur rémunération depuis fin octobre. Le préjudice cumulé atteint 24 000 euros. En novembre, M’Hamed H. promettait l’arrivée imminente des paiements. Décembre signe sa disparition complète.
Les formateurs de Vet’Etudes connaissaient une situation identique. L’absence de salaire les contraint à suspendre leurs interventions mi-décembre. Abdelmonem, enseignant en mathématiques et physique, qualifie cette affaire d’écœurante arnaque. Jacques, retraité de l’éducation nationale, avait rejoint l’aventure au printemps comme microentrepreneur. Recruté initialement pour gérer le logiciel Pronote, il devient directeur des études à la rentrée. Lui aussi réclame son dû.
- Impayés depuis octobre pour les équipes pédagogiques
- Promesses non tenues en novembre
- Disparition totale en décembre
- Arrêt forcé des cours faute de rémunération
Cette double tromperie révèle l’ampleur du système frauduleux. D’un côté, des profils imaginaires construisaient une crédibilité factice. De l’autre, les vrais professeurs travaillaient sans recevoir la moindre contrepartie financière. Cette organisation pyramidale reposait entièrement sur l’image soigneusement élaborée par son fondateur.
L’absence de recours face à une société privée
Les pertes financières atteignent des sommets vertigineux. Chaque étudiant d’Architektôn avait versé 6 980 euros pour l’année complète. Avec 65 inscrits, le préjudice s’élève à 270 000 euros pour les seules familles. À Vet’Etudes, les cours hebdomadaires coûtaient 2 980 euros par personne. Le montant global dépasse 70 000 euros pour cet établissement. En ajoutant les 24 000 euros dus aux enseignants, le préjudice total franchit les 360 000 euros.
Face à cette catastrophe, les victimes s’organisent. Dizaines d’étudiants, parents et professeurs accusent M’Hamed Hammi d’être parti avec la caisse. Initialement, chacun dépose sa plainte individuellement. Rapidement, l’idée d’une action collective émerge. Cette démarche commune devrait porter davantage de poids, malgré sa lenteur administrative.
- Regroupement progressif des victimes depuis janvier
- Dépôts de plaintes individuelles en cours
- Préparation d’une action judiciaire collective
- Coordination entre parents d’élèves et enseignants
Le ministère de l’Enseignement supérieur, sollicité par les familles, oppose une fin de non-recevoir. Les programmes privés échappent totalement à sa juridiction. Aucune régulation n’encadre ce secteur prospère. Les autorités tentent de dissuader les familles de recourir à ces structures. Des systèmes de mentorat gratuits se développent progressivement, notamment en médecine.
L’indignation domine chez les victimes. Beaucoup expriment leur incompréhension face à cette absence de protection légale. Comment accepter qu’une telle arnaque soit possible en France sans recours effectif ? Les questions restent sans réponse. M’Hamed H. a-t-il surinvesti imprudemment ? Faisait-il l’objet d’un contrôle fiscal ? S’agissait-il d’une escroquerie planifiée dès l’origine ?
Les journalistes multiplient les tentatives de contact. Toutes restent infructueuses. Le gérant maintient son silence radio total. Cette impuissance collective souligne les failles du système éducatif privé français. L’urgence concerne désormais la rescolarisation des élèves abandonnés. Les familles cherchent désespérément des solutions acceptables. Pour ceux préparant des concours imminents, notamment en avril, le temps presse dramatiquement.
- Impossibilité d’action du ministère concerné
- Absence totale de régulation sectorielle
- Silence obstiné du responsable présumé
- Course contre la montre pour les échéances proches
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